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Bilan du printemps 2016

Malgré un hiver particulièrement chaud, les stades phénologiques de la végétation n’ont pas été aussi précoces que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre. Les différences entre basses et hautes altitudes ont été exacerbées par de grands écarts de températures. Le noisetier confirme sa place d’espèce remarquable pour nos études avec une floraison exceptionnellement précoce.

Les espèces dont les stades phénologiques ont lieu en premier au printemps, comme le noisetier, ont été dans l’ensemble plus précoces (hiver chaud). À contrario, les espèces dont les événements saisonniers arrivent plus tardivement ont été plus tardives par rapport à la moyenne observée depuis le début du programme, notamment dans les Alpes du Nord. Ces variations fortes s’expliquent par un hiver particulièrement chaud dans l’ensemble des Alpes, mais un printemps (avril et mai) doux voir frais.

Indice de printemps


Indice de printemps de 2006 à 2016

On constate que cette année, contrairement à ce qui a été observée habituellement, les plantes de basse altitude ont eu une réaction inverse à celle des individus de haute altitude. À basse altitude les végétaux ont débourré globalement plus précocement que la moyenne (de 3,5 jours), tandis qu’à haute altitude, les bourgeons ont éclos plus tard que la moyenne (4 jours).

À basse altitude, les températures ont été bien plus chaudes que la moyenne partout dans les Alpes. Le noisetier, qui débourre naturellement très tôt à la sortie de l’hiver, a débourré encore plus tôt qu’à l’accoutumée.

Dans le nord des Alpes, les températures sont restées basses, en particulier durant le mois d’avril et mai. Ce petit coup de froid a certainement retardé la phénologie de l’épicéa et du mélèze, qui débourrent en général au milieu voir la fin du printemps.

Zoom sur le noisetier

Cette année, certains noisetiers ont fleuri dès la fin 2015, des observations qui n’avaient encore jamais été enregistrées depuis le début du programme Phénoclim en 2004. La floraison d’un individu a été notée le 4 novembre à Taninges (74) à 1450 mètres, et une autre le 18 décembre à Ayn (73) à 530 mètres.

Pour en savoir plus : l'article 2016 : impact d'un printemps précoce sur le blog Sciences en relief

Le climat

La fin d’année 2015 ne sera pas passée inaperçue. Partout en France et notamment dans les Alpes du Nord, l’automne a été très doux, tout comme l’hiver avec un mois de décembre inédit élevant sa température mensuelle à 4.8°C au dessus de la normale. Ces caractéristiques climatiques ont provoqué une accumulation de chaleur plus importante chez les plantes, on parle de « somme de degrés jour », et un départ des évènements printaniers plus rapide.


Somme de degré jours 2016
Évolution de la somme de degrés jour en 2016 comparée à la moyenne depuis 2007

Pour évaluer l’influence du climat sur la végétation, on observe ici l’évolution de la somme de degrés jour du 1er décembre au 30 juin sur deux sites Phénoclim : Arvieux (Parc Naturel Régional du Queyras 05) à 1560 mètres et Mens (association Terre Vivante 38) situé à 700 mètres. La courbe bleue représente l’année 2015-2016 et la courbe noire en pointillés correspond à l’évolution moyenne depuis 2007. Les flèches rouges indiquent la date moyenne de débourrement calculée sur toutes les espèces.

On constate que pour le site d’Arvieux, dans les Alpes du Sud, dès décembre et jusqu’à fin juin la somme de degrés jours est nettement supérieure à la moyenne : les plantes ont reçu une quantité de chaleur plus importante même à haute altitude.

Pour le site de Mens, en basse altitude et au nord des Alpes, la somme de degrés jours est supérieure à la moyenne de février à mai, avec une diminution en avril. Sur ce site, les plantes ont reçu une quantité de chaleur également plus importante que la moyenne.

Somme de degrés jours 2016, site d'Arvieux

 

Somme de degrés jours 2016, site de Mens

 

Autre visualisation de l’évolution de la somme de degrés jour en 2016 comparée à la moyenne depuis 2007

La participation

Participation par massif 2016

Évolution du nombre d’observations depuis 2005 par massif montagneux

Ce printemps nous avons récolté 937 observations réparties sur 54 sites. Le noisetier est l’espèce la plus suivie (177 observations sur 32 sites), ensuite viennent le frêne (149 observations sur 25 sites) et le mélèze (146 sur 20 sites).

Participation 2016

Répartition par catégories des participants des sites suivis en 2016

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Printemps 2016

Indice de printemps
Basse altitude : + 4 jours
Haute altitude : -3,5 jours

Le climat
Moyenne des températures : + 4,8 °C en décembre

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Valeurs par rapport à la moyenne 2006-2016 des données Phénoclim